Panáček v říši mluveného slova stránky přátel rozhlasových her a mluveného slova vůbec

19. 7. 2023

Solaris (2022)

Filed under: Cizojazyčné,Rozhlasové hry — Premek @ 15:56

"Solaris" d'après le scénario d'Andreï Tarkovski et le roman de Stanislas Lem ©Radio France - Jean-Michel Tixier / Talkie WalkieStanislaw Lem – Andrej Tarkovskij. Rozhlasová úprava filmového scénáře. Rozhlasová adaptace Camille Azaïs. Hudba Nicolas Worms. Zvukový design Christophe Hocké, Djaïsan Taouss, Etienne Colin. Zpívá Chœur Accentus, Laurence Equilbey, sbormistryně Guillemette Daboval. Hlasový poradce Benjamin Laurent. Sólisté sboru Marie Picaut, Emilie Husson, Mathieu Montagne, Alexandre Jamar, Marion Vergez-Pascal, Saskia Salembier, Pierre Corbel, Matthieu Heim. Literární poradci: Céline Geoffroy a Caroline Ouazana. Zvukové efekty Sophie Bissantz. Záznam zvuku, střih a mix Djaïsan Taouss a Etienne Colin. Asistent režie Pablo Valero.

Osoby a obsazení Chris Kelvin (Vladislav Galard), Harey (Audrey Bonnet), Snaut (Clément Bresson), Sartorius (Adama Diop), otec (Daniel Kenigsberg) a ??? (Andréa Brusque).

Natočeno 2022.

Nominace na Prix Italia 2023

Lit.:  anonym: „Solaris“ d’après le scénario d’Andreï Tarkovski et le roman de Stanislas Lem. In web Radio France, 22. 1. 2023 (článek + nahrávka k poslechu). – Cit.: „Le scientifique Kris Kelvin est envoyé en mission sur Solaris, une planète mystérieuse recouverte d’un immense océan. Une fois sur la station, il découvre que d’étranges „visiteurs“ hantent ses couloirs. Ils apparaissent la nuit, lorsque les membres de l’équipe dorment…“

La création radiophonique, note d’intention

Nous ne sommes pas les premiers à proposer une réinterprétation de Solaris, ce chef-d’œuvre de Tarkovski. Peut-être parce que l’histoire de Kris et Harey a été élevée par le cinéaste au rang de mythe universel : l’histoire d’un être hanté par la mort d’une personne aimée, et qui semble avoir emporté avec elle dans la mort toute la capacité sensible de Kris, aux autres, à la nature, à lui-même.
À la radio, le travail sonore, associé à la musique et aux voix, permet de faire naître une matière onirique, de sonder les souvenirs, d’évoluer librement dans l’inconscient – comme le fait magistralement Tarkovski dans ses films. Notre adaptation part du désir de Tarkovski d’épurer à l’extrême la trame narrative de Solaris pour en faire un poème. Pour France Culture, nous ne conservons que quelques scènes portées par une distribution minimale, et nous laissons une grande place à la matière sonore. Dès l’origine du projet, il a semblé évident à Christophe Hocké que l’Océan était un des personnages principaux de l’histoire, et devait „prendre corps“. Incarné par huit choristes, cet être mystérieux qui sait faire renaître des fantômes se mue ici en un ensemble de voix spectrales sur des fragments de textes empruntés à Stanislas Lem.
Notre fiction Solaris est ainsi un format atypique, changeant et poétique, à écouter comme un chant tout autant qu’une poignante histoire d’amour.
Camille Azaïs et Christophe Hocké

La musique
Il a été passionnant de transformer avec Christophe Hocké ce long poème métaphysique en une sorte de symphonie synthétique avec chœurs, ou encore d’oratorio spatial. La composition fait intervenir deux masses sonores qui s’accompagnent et se complètent : d’une part, un « orchestre » composé de divers claviers électriques, synthétiseurs, effets, samples, enregistrés en studio et superposés les uns aux autres, avec tout ce que permettent les techniques de composition assistée par ordinateur. D’autre part, un ensemble de huit chanteurs et chanteuses lyriques solistes, sans hiérarchie ni distinction autre que la tessiture, prenant en charge le rôle de l’Océan de la planète Solaris.
L’écriture du chœur cherche à reconstituer l’image très présente dans Solaris des connexions invisibles entre les êtres que l’on a connus, dispersés dans le magma du cerveau humain, dont une figure se détache de temps à autre mais dont la netteté, la présence, n’est jamais complètement assurée. J’ai voulu composer une musique qui ne soit pas intacte, car les personnages du film et du roman de Stanislas Lem ne le sont pas. Les textures sonores vocales que nous avons cherchées, avec la cheffe de chœur Guillemette Daboval et les artistes du chœur Accentus, sont donc plus proches du flou, de la texture, que de la netteté et du tranchant, comme si leurs voix venaient du fond de l’inconscient, ou d’un futur à peine pressenti.
Les voix humaines et les oscillateurs se rejoignent ainsi dans un souffle musical que j’ai également voulu profondément expressif et épique, rappelant le mouvement de l’Océan et de la Psyché, insaisissable, douloureux et magnétique.
Nicolas Worms

(…) Solaris, sorti en 1972, est le troisième film du réalisateur Andreï Tarkovski : il fait suite à Andréï Roublev, long-métrage qui avait acquis à son réalisateur une première reconnaissance internationale. Le psychologue Kris Kelvin, interprété par Donatas Banionis, est envoyé sur la station en orbite autour de la mystérieuse planète Solaris. Là, au contact de l’Océan vivant qui recouvre la planète, les humains sont soumis à d’étranges phénomènes : délires, hallucinations, suicides. Très peu de temps après son arrivée, Kelvin se réveille aux côtés de son épouse Harey, morte dix ans plus tôt. Tarkovski emmène cette situation, qu’il emprunte au roman Solaris de l’auteur de science-fiction polonais Stanislas Lem, dans toutes ses dimensions philosophiques et spirituelles. Le retour de Harey d’entre les morts est une manière pour Tarkovski de matérialiser l’idée selon laquelle le temps est réversible, ou « en tout cas, qu’il ne se déroule pas en ligne droite ». Kris Kelvin, au prix d’une suspension de son esprit scientifique et rationnel, parvient à accepter son passé, à retrouver ses souvenirs et à vivre avec eux, comme si le temps était aboli.
Solaris remporte le grand prix du festival de Cannes en 1972 et est nommé pour la Palme d’or. Il est bientôt suivi par le chef-d’œuvre Stalker, dans lequel Tarkovski développe une partie des thèmes abordés dans Solaris.

(…)  Accentus est un chœur de chambre fondé par Laurence Equilbey il y a 30 ans, très investi dans le répertoire a cappella, la création contemporaine, l’oratorio et l’opéra. Accentus se produit dans les plus grandes salles de concerts et festivals français et internationaux et collabore avec des chefs, solistes et orchestres prestigieux. Véritable référence dans l’univers de la musique vocale, Accentus devient en 2018 le premier Centre national d’art vocal (Paris ÃŽle-de-France, Normandie), nommé par le Ministère de la Culture.
Accentus, centre national d’art vocal Paris ÃŽle-de-France – Normandie, bénéficie du soutien de la Direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France, du Ministère de la Culture et est subventionné par la Ville de Paris, la Région ÃŽle-de-France et la Région Normandie. Il reçoit également le soutien de la SACEM. Le chœur est en résidence à l’Opéra de Rouen Normandie. Les activités de diffusion et d’actions culturelles d’Accentus dans le département bénéficient du soutien du Département des Hauts-de-Seine. La Fondation Bettencourt Schueller est son mécène principal. Accio réunit individuels et entreprises autour des actions artistiques et pédagogiques initiées par Laurence Equilbey.

Andreï Tarkovski, fils du poète Arséni Tarkovski, est né le 4 avril 1932 à Zavraje en URSS.
Sa première œuvre, L’Enfance d’Ivan, reçoit le Lion d’or en 1962 au Festival de Venise. Il tourne ensuite Andreï Roublev, achevé en 1966, mais projeté seulement cinq ans plus tard, après de très longues péripéties avec la censure soviétique. Pendant le tournage de ce film, il rencontre l’actrice Larissa Pavlovna Igorkina, qu’il épouse en secondes noces et avec laquelle il aura un fils en 1970, Andreï. Il recommence ensuite à tourner et réalise, avec des difficultés de plus en plus grandes, Solaris en 1972, Le Miroir en 1974 et Stalker en 1979. En Italie, il tourne Temps de voyage et Nostalghia en 1983, qui reçoit un prix au Festival de Cannes.
Sa dernière œuvre est le film Sacrifice, tourné en Suède pendant l’été 1985 et monté pendant la maladie subite qui l’assaille peu après. Au cours de la dernière année de sa vie, il parvient à achever le livre Le Temps scellé. Il meurt à Paris le 29 décembre en 1986.

Žádné komentáře »

No comments yet.

RSS feed for comments on this post. TrackBack URL

Leave a comment

Pro přidávání komentářů se musíte nejdříve přihlásit.

Powered by WordPress